GYPSE

Notre mandat

Promouvoir la récupération et le recyclage du gypse issu du secteur des CRD afin d’en prévenir l’enfouissement et identifier des marchés pour sa réutilisation.

Le gypse est un déchet qui est mal venu dans les lieux d’enfouissement, car dans des conditions anaérobiques, il génère de l’hydrogène sulfuré (H2S) un gaz malodorant. Ainsi, depuis quelques années plusieurs LET refusent ce déchet même comme matériel de recouvrement journalier.

Selon une étude de RECYC-QUÉBEC[1], entre 175 000 et 225 000 tonnes de gypse résiduel sont générées au Québec. Entre 45 000 et 70 000 tonnes proviennent de retailles de gypse neuf. Le reste provient des travaux de rénovation et de démolition. Près de 143 000 tonnes de gypse sont acheminées aux centres de tri de résidus de CRD. De cette quantité, entre 7 000 et 11 000 tonnes sont acheminées aux conditionneurs. L’utilisation finale de gypse récupéré est partagée en cimenterie (1 400 t), en agriculture (13 000 t) ou chez les fabricants de panneaux de gypse (200 t).

Une partie du gypse résiduel est éliminée dans les LET avec d’autres résidus de CRD et une autre portion est présente dans les résidus de criblage fin des centres de tri de résidus de CRD pour lesquels il y a un déficit de capacité de traitement. 

Par ailleurs, le recyclage du papier provenant du conditionnement des panneaux de gypse que ce soit comme litière animale ou comme amendement au compost peine à faire la démonstration de rencontrer des exigences réglementaires.

 

Les problématiques

Le gypse représente un enjeu très préoccupant des activités de récupération et de valorisation des résidus de CRD au Québec.  Cette matière fragile est un problème pour un bon nombre de centres de tri de résidus de CRD qui rencontrent des difficultés à le traiter et à l’écouler vers un nombre réduit de débouchés. À la manière du verre dans la collecte sélective des matières recyclables, le gypse est cassant et souille les autres matières dans un conteneur de résidus de CRD.

Environ 20 % des centres de tri de résidus de CRD effectuent un pré-tri du gypse en amont de la chaine de traitement et la mécanisation ne favorise pas le pré-tri. Un tri à la source sur chantier serait une méthode efficiente de séparer le gypse des autres résidus de CRD. D’ailleurs, le 3R MCDQ a conduit un projet pilote visant à évaluer des équipements facilitant ce tri à la source sur les chantiers d’habitations et de multi-logements. Il existe donc des équipements adaptés pour effectuer la ségrégation du gypse après un tri sur chantier et plus particulièrement pour les chantiers de construction neuve.  

Actuellement, très peu de tri de gypse est effectué sur les chantiers de construction et la majorité de ces débris sont placés pêle-mêle dans un même conteneur. 

D’autre part, le peu d’entreprises offrant de conditionner et de recycler le gypse pose un problème de débouché. En effet, uniquement trois entreprises offrent ce service au Québec, deux dans la région de Montréal et une autre au Saguenay.  Avec les problèmes de débouchés pour le papier provenant du conditionnement des panneaux de gypse, soit environ 20 000 tonnes par année, peu d’entreprises sont intéressées à démarrer cette activité. Pourtant des marchés de proximité existent pour le gypse bien conditionné que ce soit dans le secteur agricole, dans les cimenteries (4 au Québec) ou chez les fabricants de panneaux de gypse (2 au Québec).

 

Les impacts

Étant donné que plusieurs lieux d’enfouissement restreignent l’enfouissement du gypse à titre de matière résiduelle ou comme matériel de recouvrement et que peu de débouchés sont disponibles pour écouler ce qui est actuellement récupéré, l’entreposage du gypse dans des conditions inappropriées entraine des risques. Cette situation est inconcevable pour une matière qui pourrait être facilement récupérée, triée, conditionnée et mise en valeur.

Sur le plan économique, le peu de réutilisation de cette matière dans la fabrication de nouveaux panneaux de gypse peut être attribué à la faible valeur des autres sources de cette matière et la disponibilité de gypse synthétique généré comme sous-produits par certaines entreprises au Québec. 

L’utilisation du gypse en agriculture contribue à la fertilisation des sols. Quant au papier du gypse, c’est un produit qui est déjà utilisé comme litière animale dans une autre province.

 

Les solutions

Différentes solutions existent pour augmenter les quantités de gypse récupérées, recyclées et valorisées. À l’invitation du cabinet du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le 3R MCDQ a mis sur pied une table de travail, avec les acteurs de la chaîne de valeur, afin de définir un plan d’action visant à implanter des solutions. Parmi celles-ci on retient :

L’implantation de ces mesures, en partie ou en totalité, permettrait de réduire les quantités de gypse résiduel qui sont éliminées et celles présentes dans les résidus de criblage fin.

Par ailleurs, déjà des entreprises de construction implantent et gèrent des « mini-écocentres » sur des chantiers et réussissent très bien la ségrégation des résidus de CRD selon le type de matières : les ouvriers deviennent alors des « protecteurs » des matières qu’ils ont triées et des efforts qui ont été consentis. 



[1] Deloitte, 2018, Étude sur le gypse résiduel : Analyse de la filière de recyclage.

RENCONTRE DE LA TABLE DE TRAVAIL

Jeudi le 6 août 2020 | Compte-rendu de la rencontre | Téléchargez ICI